roda

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cie al fajr
Roda ou le jardin des désirs“Encerclée par le Nil mais dévorée par la ville, comment ne pas rêver que l’île de “Roda”, qui abrite chacun de mes séjours au Caire, ait un jour été un jardin. Roda..! Comme une respiration mélodique dans la frénésie urbaine du Caire, comment ne pas rêver à l’esthétique arabo-musulmane du jardin, à ses échos avec la tradition courtoise et sensuelle de la poésie arabe classique. Roda..! Comme une invitation au désir contre l’étouffante montée des rigorismes, comment ne pas rêver à l’hédonisme d’un monde passé. Promenade des coeurs épris, luxuriant paradis plié à l’idéal de beauté et d’harmonie, Roda a ravivé en moi la nostalgie d’un art de cour habité de volutes sonores et d’entrelacs rythmiques, pour l’habiller de danse. Roda..! Comme un voyage dans le temps où l’esthétique traditionnelle du mouvement dansé en Egypte rencontre la modernité d’une écriture chorégraphique du XXIème siècle, et donne corps aux accents inédits et singuliers du paysage musical de Georges Kazazian. Roda..! Comme l’espace scénique d’un jardin ouvert à deux danseuses, deux musiciens et à l’élan d’une danse inspirée par les “spirations” de l’état amoureux, encore vibrant d’une poétique ancienne du désir” Marie Al Fajr.

Sous tendus par une poétique arabe classique, sensuelle et courtoise, où la beauté du jardin exalte et célèbre le corps de l’aimé(e), c’est aussi la pensée d’Ibn Arabi qui anime et inspire librement ces moments du programme. Son “Traité de l’amour” et son recueil de poèmes, Tarjumân el ashwaq, décrivent les expressions du désir, les états et les effets de l’amour. Sa passion pour une jeune iranienne nommée Nizham (“harmonie”) y est chaque fois vécue comme une émanation de l’essence divine, et une voie de réalisation.

Entre tradition et modernité, la plastique du programme à l’instar des costumes du jeune styliste Habib Alaoui, doit beaucoup à l’art de la miniature arabo persane. Elle emprunte aussi aux dernières créations du peintre et sculpteur Abderrahim Yamou et au dialogue pictural qu’il entretient avec la nature. Sa sculpture matérialise ici un jardin sexué, dans une dialectique du plaisir et de la douleur, de la vie et de la mort.

Artistic direction Marie al Fajr
Dance Marie al Fajr, Ainhoa Izagirre
Live Percussion Wassim Halal, Nicolas Derolin
Composition Georges Kazazian
Costumes Habib Alaoui
Sculpture Abderrahim Yamou
Light design Walter Pace

• If you would like to book Cie Al Fajr (Paris/Kairo) contact compagnie.alfajr@gmail.com